A la manière de Georges Perec


Côté maternel :

- je me souviens des vacances, seule avec mes grands-parents, en « Ariane », dans le midi (Sainte Maxime, Les Issambres) lorsque j’avais 5/6 ans.
On campait, on allait au marché, on se baignait, certainement les moments les plus heureux de ma vie d’enfant.
J’associe depuis et pour toujours l’odeur des pins parasols, de la lavande, de l’air marin et le chant des cigales au bonheur le plus complet

- je me souviens de l’Ariane, cette voiture si belle qui m’emmenait sur la nationale 7

- je me souviens de la messe du dimanche, avec mes grands-parents, à Monistrol où je m’efforçais de suivre l’office, n’arrivant jamais à répéter en choeur les litanies. Depuis, ma foi a disparu, au grand désespoir
de mon grand-père qui m’appelait affectueusement sa « petite mécréante »

- je me souviens du remplissage d’eau potable dans de grands jerricans à la fontaine de Monistrol (il n’y avait alors que l’eau d’un puit dans la petite loge de vacances louée à l’année par mes grand-parents

- je me souviens de mes leçons de conduite -j’avais 14 ans, c’était bien sûr interdit, la voiture était automatique et je tannais mon grand-père jusqu’à ce qu’il cède- sur les chemins tout cabossés qui conduisaient à la petite loge
 
- je me souviens de mon arrière grand-père que sa fille -ma grand-mère-  gardait à demeure depuis qu’il avait fait une « attaque ». Il était assez colérique mais
nous tendait 1 franc de temps en temps (c’était très peu et cela nous décevait à chaque fois mon frère et moi)

- je me souviens de la culture de mon grand-père qui m’a donné l’envie d’être à la hauteur lors de discussions passionnées sur la société, la politique etc…

- je me souviens des jeudis passés chez mes grands-parents, plumier ouvert sur la table de la cuisine, en attendant l’heure de la « piste aux étoiles » que nous regardions sur une télé en noir et blanc

- je me souviens des oeufs mimosas, que ma grand-mère nous faisait les jours de fête

- je me souviens des petites manies de ma grand-mère, qui enveloppait tout, en attendant que ça « resserve », de papier journal, puis de plastique le tout maintenu par des bouts de ficelle

- je me souviens du mois de juillet 1977, passé à Monistrol, attendant mon 1er enfant, chouchoutée comme jamais, dans une ambiance bienveillante d’indicible bonheur pendant que le futur papa se formait non loin
à ce qui allait devenir son nouveau métier (paysagiste)

Côté paternel :

- je me souviens du riz au lait (avec de la cannelle et du citron) de mon père

- je me souviens des pignons de pins et des pois chiches qu’il faisait mettre par ma mère dans nos plats (réminiscences de ses origines espagnoles ?)

- je me souviens de la mayonnaise faite maison, dont il était très fier et que mon frère et moi reproduisons fidèlement

- je me souviens de l’accent espagnol fortement prononcé de mon grand-père dans les bras de qui je me réfugiais lorsque mon père me grondait et qui m’appelait « Bricole »

- je me souviens des visites « au cabanon » (un jardin ouvrier) chez la soeur aînée de mon père, la tante Thérèse